Article proposé par JeanClaudeGrognet, paru le 22/03/2020 08:25:51
Rubrique : Informations générales, lu 746 fois. 8 commentaires
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Le MERCATO de l'attelage


 

 

          L'épidémie de coronavirus met provisoirement un terme aux manifestations sportives,  et l'attelage n'échappe pas à la règle. Les entrainements et les stratégies des équipes s'en trouvent perturbés, mais le mercato des chevaux et des meneurs fonctionne toujours.

          Ainsi nous apprenons la fin de la collaboration P. Nijdam/M.Maricourt en place depuis 3 années, propriétaire et meneur en ont décidé ainsi. Les raisons "ne nous regardent pas" comme diraient des humoristes bien connus... d'autant qu'il convient de ne pas oublier tout ce que l'une a apporté à la discipline depuis de longues années, et ce que l'autre nous a apporté comme victoires.    

          La relation propriétaire/ meneur est extrêmement complexe, très fragile, et très hasardeuse. J'en sais quelque chose pour l'avoir vécue à différentes reprises. Cela mériterait d'ailleurs un recueil des expériences des uns et des autres, peut être viendra-t- il un jour l'envie de m'y consacrer.

          Les chevaux de Patricia sont dispatchés. L'un est confié à Caroline Guillemont, et les 3 autres rejoignent le piquet de Sébastien Mourier. Ce dernier a conclu avec Patricia Nijdam un objectif, celui du Championnat du Monde des attelages en paire 2021, sachant que dans le même temps le meneur prépare également son retour dans l'attelage à 4 chevaux.

          De son côté Maxime Maricourt dispose  des aides de Jacques Loue, Laurence Jalady et de Vincent Sérazin. Une situation nouvelle qui  ne modifie pas l' objectif du championnat du monde en paire en 2021. Mais la nouvelle situation pourrait également accélérer le retour du meneur normand à l'attelage à 4 chevaux .   

©  JCG/ attelage.org


  Commentaires
-La France... par JACKY (22/03/2020 09:49:44)
... à l'exception de quelques partenariat qu'il faut saluer n'est pas au niveau en matière de mécénat et de sponsoring pour l'attelage. Sans entrer dans une grande évaluation et analyse, il suffit de rouler depuis la frontière franco-belge jusque 100km après la frontière B/NL pour voir les installations tout au long de la route... il y a de l'argent, beaucoup d'argent pour les chevaux et les bons cavaliers et meneurs gagnat bien leur vie par leur talent. Pas de bricolage. L'attelage en France n'est pas professionnel. C'est sympa mais peu efficace.
Allez bon dimanche et RESTEZ CHEZ VOUS
P.S.:Autre problème en 77 les principaux maréchaux-ferrants ne se déplacent plus...
Cordialement
-Mercato par Framar (22/03/2020 10:37:11)
Le malheur des uns peu faire le bonheur des autres. En mettant malheur et bonheur en tout petit. je suis très content pour Sébastien. Tout vient à qui sait attendre. Le confinement en campagne Creusoise est plus facile à vivre pour nous et nos poneys et chevaux, que dans d'autres régions. Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage. F Martel
-les propriétaires sponsors par JeanClaudeGrognet (22/03/2020 11:58:24)
Grâce à eux l'attelage français peut se maintenir au niveau international. C'est une chance que de voir se profiler 2 meneurs de talent vers ces 2 championnats. Une saine émulation sportive, qui faut il l'espérer, ne sera pas perturbée comme par le passé, par "l'entre soi" que la DTN nous a servi ces derniers temps.
-Dure réalité par VALEGRO (22/03/2020 14:58:27)
Bonjour à tous,
Comme dans toute relation inter-humaine, il y constamment le triangle Offre - Demande - Environnement. Tout comme il y a le producteur, le consommateur et le marché. Aussi, il est important de partir sur de bonnes bases lors d'un partenariat , et il prime que les acteurs puissent partager certaines mêmes valeurs, et qu'entre eux, un contrat (certes moral) mais surtout écrit puisse être établi de façon à poser noir sur blanc les tenants et les aboutissants de cette aventure qui va démarrer, à savoir, le nombre de chevaux confiés, la durée du contrat, les objectifs LT, MT et CT, ce qui permet de savoir dans quel état d'esprit les deux parties sont. Penser à construire le contrat en divorçant, ainsi tous les points négatifs futurs inhérents sont débattus avant la signature et l'engagement des deux parties et cela facilité la séparation , puisque celle-ci a été prévue, programmée dans les articles du contrat.
Il serait intéressant d'avoir des retours des meneurs qui sortent en concours des chevaux de propriétaires, sans briser la notion NC-ND, plus ou moins mentionnée dans les contrats.
Durant cette période incertaine, il est important de se réapproprier des valeurs, ses valeurs et non celles que la société veut nous faire absolument adopter.
Au plaisir de lire vos réactions, et commentaires. Bien à vous.
-oui mais... par JeanClaudeGrognet (22/03/2020 15:49:57)
Merci Valégro de vos précisions, elles sont en effet un préalable à tout engagement. Cependant l'évolution du partenariat au cours du temps est difficile à prévoir, on découvre au fil du temps des failles, des failles qui minent les relations. Les motivations du meneur s'estompent parfois, les moyens ne sont pas au niveau d' objectifs qui peuvent évoluer etc... Aujourd'hui une chose me parait certaine, les échanges entre le meneurs et le sponsor propriétaire doivent être fréquents et réguliers avec des réunions de travail permettant de révéler les futurs points de désaccord. Autre solution, la mise en place d'une séparation net des relations et pouvoirs entre meneur et sponsor propriétaire pour une durée limitée par contrat renouvelable. Le risque dans ce cas de figure, est de refroidir les éventuels sponsors propriétaires. Une chose est certaine, le sponsor propriétaire doit trouver un intérêt et du plaisir dans ce partenariat, et si le meneur néglige ce facteur, la fin de la relation est proche.
-oui mais ! par Jazzpote (23/03/2020 09:37:06)
Bien sur Jean claude oui mais .... l'inverse est aussi vrai!
très différent le sponsoring en équitation et dans les autres sports. Le problème en équitation pour ces "mariages" est que le sponsor est propriétaire de l'animal et cela provoque souvent les conflits. le propriétaire qui confie un ou plusieurs chevaux a un cavalier ou meneur veut souvent tout diriger de l'entrainement des compétitions des résultats et malheureusement le sport reste le sport avec ses succès et ses échecs.
Pour les sponsors qui ne sont pas impliqués en étant propriétaire aucune différence entre l'attelage et les autres sports, un contrat de partenariat, d'image et bien sur les espoirs du sponsor et du sportif pour que les résultat soient le meilleur possible.
Par contre s'agissant des propriétaires qui mettent de l'argent dans un cheval et qui le confient à un meneur, il y a un investissement de ce propriétaire dans tout ce qui concerne SON CHEVAL souvent pas de problèmes d'argent (très rarement) mais beaucoup plus de l'émotionnel, du psychologique. Aucune chose identique dans les autres sports. Si un meneur n'a pas le résultat attendu par le propriétaire (et souvent le propriétaire a une fâcheuse tendance a surestimer les possibilités de son cheval ou bien refuse de prendre le temps nécessaire pour y arriver) ce n'est donc jamais le cheval qui est remis en questionnement (ou très rarement) mais le meneur ou le cavalier sa façon de mener ou de monter etc source de conflits majeurs très souvent. Il est toujours très démotivant et désagréable pour un sportif de haut niveau de se voir remis en question en permanence par sponsor propriétaire qui souvent n'a pas les connaissance minima pour analyser ce travail de haut niveau.
Quand on analyse les séparations quelquefois houleuses de propriétaires et de cavaliers ou meneurs, on trouve très souvent à la base se type de conflit restant a un niveau émotionnel de déception de vexations et à la fin d'échanges de mots désagréables.
Bien sur ma réflexion est générale de par ma connaissance du sponsoring aussi bien en équitation que dans les autres sports, en aucun cas une analyse de qui que ce soit, chaque séparation a son histoire. C'est donc une réflexion générique et pas en rapport avec l'article.
Je ne dis pas qu'il n'y a jamais de conflits entre les sponsors et les sportifs dans les autres sports de haut niveau mais il sont souvent très différents et souvent juste financiers.
-Ah mais :-) par JeanClaudeGrognet (23/03/2020 10:16:55)
Tous les cas de figure sont recevables dans la relation propriétaire/meneur, autant le propriétaire qui sur-estime son cheval , que le meneur qui a accepté le cheval pour des objectifs inatteignable... Restons en à la nécessité de voir affluer sponsors et propriétaires dans notre sport, car l'on voit bien que sans eux, le haut niveau international ne serait qu'un rêve.
-complément d'info par VALEGRO (23/03/2020 14:17:19)
Il faut savoir rationnaliser les choses, car il me semble que certaines confusions ont été faites. Il y a une confusion terminologique quand vous employez le terme de propriétaires sponsor, car de droit il est fait notion de deux types de positionnement avec des finalités différentes, à savoir que le propriétaire du cheval est la personne ( physique ou morale) qui détient la carte et qui confie l'animal à un tiers (la structure d'accueil et/ou le cavalier ou meneur). Ensuite, vous avez le sponsor qui est un autre tiers (en terme de droit) qui apporte son soutien soit financier, soit en nature afin qu'une mission d'ordre sportif soit exécutée ( manifestation sportive ou saison sportive pour un sportif - individuel ou collectif). celui-ci attend -suite à son engagement- un retour soit en terme de notoriété, d'image de marque, de pénétration de marché, etc... selon ses valeurs d'entreprise, et c'est là où le sportif et le sponsor doivent partager un ensemble de valeurs pour pouvoir contractualiser. Mais, bien entendu, il se peut que le propriétaire du cheval peut aussi devenir sponsor , mais dans ce cas, précis, il faut bien distinguer le rôle de chacun dans cette organisation de micro business unit. Et enfin , comme le sous-entend l'article, le propriétaire-sponsor n'est pas sponsor mais devient mécène, car les valeurs ne sont plus les mêmes; on est plus axé vers une approche philanthropique, sans attente de retour.
D'où l'importance de bien poser le rôle de chacun, les objectifs ( compétition, valorisation, commercialisation, etc...), le calendrier sportif selon le cheval et les objectifs ( circuit shf, amateur , amateur élite, CAI, ou programme qualificatif en vue de championnats continentaux, etc....) . Et le contrat de départ est un contrat ouvert et selon l'avancement des choses, il y a toujours possibilités de rédiger des avenants, toujours dans le souci d'une relation claire entre les différents protagonistes, à savoir la relation propriétaire- meneur ; tout comme le contrat sportif- sponsor est rédigé selon ce qu'offre le sportif et son environnement et ce qu'attend le sponsor selon sa vision, sa stratégie d'entreprise. Le sujet est vaste et ce ne sont pas ces quelques lignes qui vont répondre à l'entièreté des questionnements de tous. Bien à vous.