Article proposé par JeanClaudeGrognet, paru le 01/07/2020 08:49:30
Rubrique : Interviews, lu 604 fois. Pas de commentaires
Partager

LAURENT DERVIEUX: un art de vie avec les chevaux


 

 

LAURENT DERVIEUX, le bonheur est dans le pré !

               Le COVID -19 et le confinement qui va avec, et l'absence de concours a fait que notre champ de vision s'est parfois élargi. L'endurance en attelage n'a plus de secret aujourd'hui pour le meneur dit "de complet", nous   avons fait la découverte sur attelage.org de cette discipline grâce à Monsieur Gilbert Miqueu. Une autre source de plaisirs, au pluriel s'il vous plait, nous est raconté par Laurent Dervieux:  la Randonnée et le TREC qu'il affectionne au milieu de  ses montagnes, à 1200m d'altitude, avec pour seules nuisances chamois et chevreuils.

Ceüze au dessus des nuages

          Au fil de notre conversation un parfum de sagesse, de calme et de plénitude se dégagera, comme un monde à part,  dans ces temps agités et perturbés. 

          Les Ecuries de Ceüze (prononcez Cé-uze), sont situées à 10 km de Gap dans les Hautes Alpes, au pied de la montagne en forme de fer à cheval du même nom. Cette même montagne protège des orages. Les Ecuries de Ceüze furent créées en 2006, orientées à l'origine vers la randonnée et le TREC, et structure d’attelage depuis 2013, c'est depuis trois ans que l'établissement s'est spécialisé uniquement dans l'attelage et le dressage monté. La structure a été centre de formation de BPJEPS Attelage jusqu’à la suppression de ce diplôme. Elle travaille avec le lycée agricole de GAP, pour lesquels elle a conçu et mis en place une épreuve d’attelage au baccalauréat.

          Laurent Dervieux: « ma femme s'occupe de la partie équitation, elle dresse nos chevaux d'attelage, donne des cours particuliers aux cavaliers, et moi je m'occupe de la partie spécifique attelage, débourrage de jeunes chevaux, cours et stages pour les élèves. On me confie beaucoup de chevaux, parfois compliqués, pour le débourrage à l'attelage ou d'autres activités : sport, randonnée loisir, agricole...

          Mon évolution dans les disciplines équestres et simple: de la randonnée au TREC et du TREC au sport complet d'attelage. Je travaille avec une éleveuse du Haras de Val Castel, Cécile Augier, qui produit l' Andalzon un croisement de chevaux Andalou et  Frison. Les premiers produits accèdent aujourd'hui aux compétitions, avec notamment Deesery de val Castel un cheval confié à Richard Ferré. Stéphane Toujas a actuellement un Andalzon au débourrage. Ces chevaux ont de très belles allures, il taille en moyenne 1,65 m. Je travaille de temps en temps avec Benjamin Aillaud. Il trouve beaucoup de qualités à cette race. Je les débourre à l’attelage vers cinq ans, et ils sont vraiment au travail à 7/8 ans. »

La montagne de Ceüze, la maison, les écuries, une carrière ... et le débourrage d'un Andalzon

 

          JCG: comment s'est passé le confinement pour votre établissement ?

          LD: « toutes nos activités de printemps ( débourrage) ont été stoppées, de même que les activités avec nos clients, mais nous rattrapons le temps perdu et tout se concentre maintenant sur la fin de l'année. Tous les chevaux arrivent, c'est bien reparti ! »

          JCG: lorsque que je vous ai appelé pour un rendez-vous téléphonique, vous étiez en pleine montagne, en randonnée…

          LD: « oui nous étions partis pour six jours de randonnée. Nous faisons de la formation MATE ( Meneur Accompagnateur de Tourisme Equestre), et la randonnée de six jours fait partie de la formation. C'est quelque chose de très agréable, vie avec les chevaux, bivouac, camping, beaucoup de convivialité...Lorsque c'est possible selon les terrains, on attelle une wagonnette dans laquelle on met tout le matériel et la nourriture, autrement l'intendance nous apporte le nécessaire aux bivouacs. On revient très fatigués mais très heureux, tout comme nos chevaux. C'est une philosophie, tout est organisé pour le cheval et autour du cheval. La priorité par exemple, est de trouver de grands espaces que nous pouvons aménager en grand parc. Les chevaux peuvent y passer la nuit en toute sécurité. Nous emportons le matériel pour cela.  »

          JCG: et le TREC, expliquez-nous ses règles...

          LD: « le TREC vient de cavaliers randonneurs qui ont eu envie de se retrouver pour faire des petites compétitions sur leur thème de prédilection. Dans les épreuves TREC, il y a deux parties, la partie orientation (POR = Parcours d'Orientation et de Régularité) et le PTV (PTV= Parcours en Terrains Variés).

Le POR d'abord c'est une carte  à recopier où figure un parcours à réaliser à vitesse imposée. L'attelage doit s'orienter avec cette carte et une boussole, et respecter les passages à différents points de contrôle. Les parcours sont inférieurs à 20 km mais  demandent tout de même une petite préparation physique pour les chevaux. Pour les débutants, la carte et la boussole peuvent être remplacées par un roadbook. »

Le PTV comporte 12 à 16 passages particuliers, comme maîtriser un reculer, faire un trèfle à allure constante (comme le Barrel Racing », passages particuliers en L, en U, en W, conduit à une main etc... J'aime bien cette épreuve qui se situe entre la maniabilité et le hunter pour les cavaliers. La finalité est de remplir un contrat avec toujours le maintien de l'allure durant le passage spécifique, soit le trot soit le galop. Le changement d'allure est pénalisé. C'est donc au  meneur d'évaluer les possibilités de son cheval devant les difficultés proposées.

Dans tous les cas, respect des allures déterminées à l'entrée des passages

          « il ne faut pas s'y tromper, le TREC demande des chevaux dressés, c'est de l'endurance et du dressage avec du menage de qualité. Les compétitions demandent beaucoup de juges de bénévoles. C'est une des difficultés de la discipline pour la développer. Pour le POR il faut aussi beaucoup de juges sur le parcours. Selon les concours il faut entre 30 et 50 bénévoles… Il y a beaucoup d'adultes dans nos concours. Les épreuves sont réservées aux clubs, il n'y a pas de catégorie amateur. Les meneurs viennent du loisir, l'attelage sportif et ses exigences fait peur, mais après quelque temps certains finissent par le rejoindre, dès lors qu'avec le TREC, ils finissent par maîtriser le dressage. Concernant nos chevaux pour cette discipline, on s'attache beaucoup au mental, il doivent être insensibles aux événements extérieurs et être endurants et dressés. Toutes qualités d'ailleurs d'un cheval de randonnée. »

          Laurent Dervieux a été Vice Champion de France TREC en 2011 à Maurs et Vice Champion de France en 2013 à Pescalis... Il a le rêve de voir se développer cette discipline. « Il y a en PACA de bons moteurs pour la discipline comme Jacky Guyon et Stève, Latruffe mais j'imagine aussi pour faire connaitre le TREC,  que l'attelage complet de Club pourrait   intégrer dans la qualification pour le Championnat annuel,  une étape de concours consistant à la participation d'un concours TREC on d'Endurance dans l'année. Sans pour autant prétendre à un classement, le concurrent pourrait,  pourquoi pas, prétendre à des points de bonification... » Avis à notre fédération pour la proposition !

          ...  il  pratique également l'attelage sportif comme ici au haras d'Uzès avec un selle français.

 

          Le Championnat de France TREC qui devait se dérouler à Forcalquier chez Stève Latruffe (Les Crins de Gaïa) est annulé pour cette année, en raison des perturbations dues à la Covid-19, en accord avec la FFE. Néanmoins, un concours régional aura lieu à la même date  (info organisateur).

 


  Commentaires