Article proposé par Renata, paru le 14/01/2012 08:16:02
Rubrique : Culture générale, lu 3745 fois. 2 commentaires
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Le Cheval et l'eau


 

Chevaux transporteurs transportés

Chapitre 1 : par eau

 

         Les chevaux devenus indispensables, les hommes se sont organisés pour les avoir toujours auprès d’eux. Dans les grandes transhumances, les bêtes de selle et de somme travaillent à transporter hommes et matériels.

         Mais il arrive toujours un moment où un fleuve, un bras de mer, un lac arrêtent leur pérégrination. Le seul moyen de traverser, selon les difficultés et la largeur, c’est à la nage, sur un radeau ou un bateau.

 

Euuuhhh, nous allons commencer quelques siècles en arrière !

Sans retourner à la nuit des temps, essayons de découvrir différentes méthodes de passage d’eau, plus ou moins profond et large.

Marie Noëlle Archambault

LaMarie Noëlle Archambault nage est innée chez les animaux. Pour les chevaux, le détroit de Béring était-il aussi fermé que supposé ?

 

         En compagnie des hommes, les chevaux nagent et les soutiennent, mais l’homme apprivoise les éléments marins par l’habile construction de bateaux, les chevaux n’ont qu’à suivre.

Manoeuvres militaires près de Saumur en 1913

 

         Puisqu’ils bravent les flots avec tant d’aisance, les hommes les installent devant leur embarcation, et rangent leurs rames.

 

En tirant avec la bouche…

 

…ou avec la tête.

         Mais cette « solution » ne peut être que ponctuelle, selon les circonstances.

         Les hommes embarquent leurs chevaux sur la même galère.

 

The Thames at Horseferry by Jan Griffier - 1706

 

The ferry crossing - Wilhelm  Alexander Meyerheim - 19ème

 

Déchargement au soleil couchant de  Constant  Troyon - 19ème

Julius Caesar Ibbetson Colonel Greville at Briton Ferry 18/19ème

La manœuvre est risquée !

 

 

Edward Lamson Henry, (1841-1919) Waiting for the Ferry

 

         Les bacs à fond plat accostent sur la rive aménagée et permettent aux chevaux attelés d’avancer sur le plancher flottant (pour de vrai !). Les chevaux ont de toute évidence le pied marin.

 

 

 

Ferrys américains

 

(Manœuvres militaires en 1913- 1914)

 

En Grande Bretagne 1910

 ferry à  Kuangyuen 廣元 Sichuan 1943

Les chevaux en tandem n’ont pas l’air effrayé par la sortie aléatoire… !

 

 

         Mario Lurashi est l’auteur d’une cascade célébrissime dans « les cavaliers de l’orage », ce brave cheval doit faire preuve de beaucoup d’adresse et de bon vouloir pour monter dans la barque puis retrouver la terre ferme !

 

 

L’art de ne pas perdre de temps ni de place sur ces deux cartes confiées par :

http://au-detour-d-un-chemin.over-blog.com/article-les-bacs-sur-la-seine-68082637.html

 

 

 

         Pendant ce temps, au long des fleuves calmes et tranquilles, les mariniers d’avant la mécanisation vivent au rythme des courants.

 

John Constable 1819 – détail

 

 

         Le halage pour remonter à contre courant se fait « à la bricole » : le marinier et sa famille s’attachent à la corde de traction, ou par la traction animale.

         Surtout pratiquée dans le Centre de la France, les chevaux (mais aussi ânes ou mulets) appartiennent au marinier qui les loge à bord, ou à des charretiers, appelés les « longs jours », disposant de relais le long des voies navigables.

 

         On compte encore 1 500 bateaux écuries en France, en 1935.

 

         Quand il s’agit de transporter les chevaux sur des navires, pour un plus long voyage, l’embarquement se fait avec un treuil et des sangles. A peine soulevé, le cheval, comme les autres animaux, est frappé d’immobilité.

 

En France :

 

 

Documents deJean-Pierre Clochon  http://recherches.historiques-leconquet.over-blog.com/10-index.html

 

         Le contact avec le pont  est agité mais tout se calme dès que le cheval retrouve ses appuis ; ici en 1970 à bord de l’André - Yvette, gabare Lampaulaise construite en 1936.

         (Depuis les années 80 le vieux gréement participe à la réinsertion de jeunes en grande difficulté. Il est aujourd’hui à quai à la Trinité sur Mer, en attendant de nouvelles aventures, dont la participation aux festivités des JO de Londres.)

 

 

         Les hommes, dont le génie va bon train, inventent le « horse ferry ». Le cheval est à la fois transporteur et transporté.

         Conçus sans succès au 18ème siècle en Europe, les traversiers vont servir sur les grands lacs et rivières de l’Amérique du Nord dès le début du 19ème, et pour une centaine d’années.

  plan de 1730

 

         Par engrenages, les chevaux en mouvement font tourner une grande roue sous le pont qui enclenche deux roues à aube, de chaque côté du bateau.

Les premières embarcations font marcher les chevaux en cercle… à leur donner le tournis.

 

 

 

 

 

Le système du marcheur permet de soulager les chevaux et de gagner de la place.

Le même système est utilisé en agriculture :

Edward Lamson Henry

 

 

En 1827, un « six chevaux » pouvait aller à 6 miles/heure.

 

         En 1983, l’épave d’un «horse ferry » est retrouvée à 15 mètres au fond du Lac Champlain, Vermont USA.

         Elle mesure 19 mètres de long sur 7 mètres de large, c’est le seul vestige de ces traversiers qui ont participé au développement économique de cette région.

         Découverte sur cette vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=7sx0el8qC1E

         Il est enfin un transport, dans le sens émotion aussi, où un merveilleux cheval, Crin Blanc, emporte Folco.

Enveloppés par les flots de la Méditerranée, ils nagent vers  «le pays où les hommes et les chevaux sont toujours amis»….

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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  Commentaires
-beau sujet par JeanClaudeGrognet (14/01/2012 08:22:31)
merci Rénata pour cette ''série'' qui s'annonce passionnante
-voyage. par Fauch (15/01/2012 10:16:47)
Merci pour ce voyage au "fil de l'eau" un vrai plaisir