Article proposé par Renata, paru le 21/01/2012 07:59:13
Rubrique : Culture générale, lu 3464 fois. Un commentaire
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Le Cheval et la terre


 

 

 

Chevaux transporteurs transportés

 

Chapitre 2 : par terre

 

 

         Est-il l’inventeur du van tracté ? L’histoire rapporte que Napoléon 1er, qui traverse l’Europe en tous sens en berline, fait suivre dans son cortège, ses chevaux de selle dans des fourgons attelés pour leur éviter la fatigue du voyage, et les monter, pleins de panache, lors des revues de troupes, des parades ou sur les champs de bataille.

 

 

 

Le bivouac de l’Empereur à Austerlitz 1802. (détail)

Louis François Baron LEJEUNE

 

 

« Entre le 28 novembre et le 6 décembre, Napoléon, malgré la pluie, la neige fondue et le froid, dormit à côté de sa berline au milieu de sa Grande Armée. »

 

 

 

Napoléon Ier passant devant les troupes à la bataille d'Iéna, 14 octobre 1806. (détail)

Horace VERNET

 

G W F Hegel : « J'ai vu l'Empereur - cette âme du monde - sortir de la ville pour aller en reconnaissance ; c'est effectivement une sensation merveilleuse de voir un pareil individu qui, concentré ici sur un point, assis sur un cheval, s'étend sur le monde et le domine. »…. 

 

 

 

 

         La paix rétablie, les hommes se cherchent des divertissements ludiques à forte sensation, voir son cheval courir en est un !

         Les chevaux stars arrivent frais et dispos sur le champ de course, on leur déroule un tapis de paille fraîche. Ils entrent et sortent en avant.

 

James Pollard, l’arrivée au derby 1842

 

 

         Cette photo posée, cadrée (collection Hermès), de Jean Delton, démontre la fierté et le soin d’un propriétaire, pour son cheval de course ? On suppose la tête du cheval dans le van tenant compagnie au cocher, rassuré par la présence de ses congénères qui le transportent.

 

 

 

         Le van tracté par des chevaux trouve hélas une utilité au début du 20ème siècle. Cette fois le cheval descend en reculant.

 

 

 

« Arrivée d’un cheval malade au service vétérinaire installé dans la caserne Tiriet  à Châlons-sur-Marne, 3 juillet 1917 ». Musée de Verdun.

 

 

 

 

Sauf ce projet doux rêveur de « mobile home » de l’américain Rufus Porter, les chevaux empruntent dorénavant les nouvelles technologies.

 

 

 

 

         19ème siècle, le cheval de chair, de sang et de sueur devient cheval-vapeur, horse power, encore plus explicite en anglais, et c’est la moindre reconnaissance de nommer ainsi les nouvelles forces industrielles.

 

Le chemin de fer ouvre les voies de la révolution du transport.

 

Les chevaux ne vont pas être copains tout de suite avec ces monstres tonitruants, puants, effrayants...

 

 

 

E L Henry - « a moment of peril » (détail)                                     H Bird - « anxious moment » (détail)

 

 

Ils s’habituent, comme pour tout !

 

 

The Louth London Royal Mail Travelling By Train From Peterborough East In December 1845 - J Pollard

 

 

 

 

Entrée du train à vapeur en gare de Chaville –Vélizy, transportant chevaux et fourrage.

 

 

 

«… Les chevaux sont embarqués à quai ou en pleine voie, au moyen de rampe mobile en bois ou en fer. Les wagons contiennent 8 chevaux dans le sens longitudinal. »

 

 

« La fourragère séparée de ses roues  de devant, sert de plan incliné pour le débarquement des chevaux. »

 

 

 

         Le mythique train djibouto-éthiopien met quelques jours pour rallier les deux capitales : Djibouti et Addis Abeba., 780 km, du niveau de la mer aux hauts plateaux culminant à 2600 m, via Dire Dawa, les monts du Harar, et la mystique Abyssinie.

         Dans les années 80 nous avons conduit à la gare 14 des 50 chevaux du club de Djibouti, (deux chevaux par cavalier, l’un monté et l’autre en main), pour répondre à l’invitation d’Addis Abeba, après leur venue dans les mêmes conditions, pour une rencontre « internationale » de CSO. Cela paraît irréel, inconscient de faire un tel voyage qui était aussi diplomatique !

         Les chevaux ont voyagé comme ces dromadaires, trois palefreniers les accompagnaient pour les nourrir et les abreuver. Nous les avons retrouvé en pleine forme, vivifiés par l’altitude, heureux de retrouver leur terre natale !

 

 

 

 

         Après le train, la contenance des moyens de transport diminue, et permet de déposer les chevaux où nécessaire. Ils acceptent de bon gré des conditions d’embarquement et de voyage qui nous affolent à l’idée de la moindre atteinte !

 

 

 

Crinière au vent et nulle inquiétude !

 

 

 

 

La méthode du camion n’est pas une exclusivité « exotique », voici des franches montagnes de l’armée suisse.

 

 

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Le transport dans les camions de la STH semble presque luxueux, dès 1922.

 

 

 

 

 

Il reste un dernier voyage sur terre, sous terre plus précisément.

 

         Le travail dans les mines nécessite la présence des chevaux, mais comment les descendre dans les puits abyssaux ? Le cheval solidement sanglé est couché, aveuglé, puis treuillé dans le boyau sombre et étroit.

On peut imaginer sa terreur découvrant ce nouvel univers hostile…

 

 

 

 

Il remontera peut être un jour, et sera habitué progressivement à la lumière du jour.

 

Tout de même, assis confortablement sur des coussins, le nez au vent, y’a pas mieux !

 

 


  Commentaires
-similitude par JeanClaudeGrognet (23/01/2012 09:00:51)
La dernière photo me rappelle mon Azawak sur le canapé... sur SON canapé devrais je dire ! Merci Rénata pour ce 2 eme volet.