Article proposé par JeanClaudeGrognet, paru le 20/01/2008 16:43:04
Rubrique : Culture générale, lu 1768 fois. Pas de commentaires
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La vie parisienne dans les omnibus


 

 

 

 

 

 

 

 

 

UN OMNIBUS SOUS LA PLUIE

Sous la latitude de Paris, qui n’est pas clémente, le véhicule populaire a le grave inconvénient d’offrir aux voyageurs d’impériale un abri fort exposé aux intempéries de l’air. Vous prenez l’omnibus, ou le tramway, au point de départ; le temps présente bien quelque incertitude, mais vous espérez pouvoir arriver à destination avant la pluie.

« Fatale erreur ! cruel délire ! » comme on dit dans Robert le Diable. A peine la lourde machine a-t-elle fait quelques tours de roue, que les cataractes célestes s’entr’ouvrent :

On dirait que le ciel, qui se fond tout en eau,
Veuille inonder ces lieux d’un déluge nouveau.

Les malheureux voyageurs d’impériale tentent vainement de gagner l’intérieur : Complet ! Ils n’ont pas même la ressource de la plate-forme. Ceux qui possèdent des parapluies les déploient; mais il résulte de ce déploiement, des gouttières sur le dos des voisins, qui se fâchent. On réclame, on résiste, on s’injurie: Tableau ! Pendant ce temps la banquette, qui fait cuvette, recueille la pluie; les voyageurs sont dans un bain de siège; il faut se lever pour éviter l’immersion : tout le monde sur le pont ! Second tableau !

Ceci est une des petites misères de la vie parisienne; il faudra la subir, comme tant d’autres, jusqu’au jour où la Compagnie générale des omnibus, imitant les administrations de chemins de fer, avisera à couvrir ses impériales. Le problème ne semble pas insoluble; espérons qu’on parviendra prochainement à le résoudre. U. D.

(Le Petit Moniteur illustré, 22 février 1885)

L’OMNIBUS DES FACTEURS

Il y a trop longtemps que nos dessinateurs ont pris l’habitude de représenter le 1er janvier dans la personne même du facteur se présentant en grande tenue et vous remettant avec un gracieux sourire l’almanach de rigueur.

La composition de M. Vierge les représente partant de l’hôtel des postes dans leur omnibus de quartier pour aller faire leur service ordinaire, ou plutôt extraordinaire, car le 1er janvier est la grande époque des correspondances et des cartes de visite. Il y a tant de parents qui ne s’écrivent qu’en ce seul jour de l’année ! Il y a tant d’amis qui, emportés par le tourbillon de leurs affaires ou retenus au loin par des devoirs professionnels, attendent 365 jours pour se rappeler mutuellement qu’ils ne s’oublient pas tout à fait !

C’est pourquoi ces paquets sont si gros, ces sacs si gonflés que leurs porteurs disparaissent presque sous la charge. C’est un métier de manœuvre en même temps qu’un métier de patience. On le sent à la fatigue empreinte sur toutes ces têtes de braves gens, qu’on accuse si souvent à la légère, et que nous plaignons, nous, de tout notre cœur.

(La Presse illustrée, 20 janvier 1872)

Avec l’aimable autorisation de Michel Barbier, rédacteur en chef de la Vieille France


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