Article proposé par Invité, paru le 28/05/2020 13:01:53
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Le ''blues'' de l'organisateur


 

 

Ce document nous est transmis par un lecteur d'attelage.org

Voici des propos qui rejoignent  les réflexions de Michaël Sellier sur les difficultés rencontrées par les organisateurs de concours, qu'ils soient d'épreuves d'endurance, d'attelage ou autres. JCG

L’organisateur, le maillon indispensable à l’existence et à la survie de la filière équestre sportive

 

 

Alors que la FEI consulte actuellement des organisateurs, pour une nouvelle planification des concours annulés afin de sauvegarder ce qui peut l’être pour la saison 2020, on peut légitiment penser que la continuité d’un système bien en place jusqu’alors, repose aujourd’hui sur la bonne volonté qu’auront ces organisateurs à remobiliser leurs partenaires financiers, leurs équipes ainsi qu’eux-mêmes.

La plupart des acteurs de la filière : chevaux, cavaliers, éleveurs, marchands, propriétaires dépendent en grande partie de l’existence de ces concours.

Ce n’est donc pas un hasard si la priorité est donnée au calendrier pour relancer la machine sportive et économique à ce jour.  

Imaginons un monde sans compétitions, totalement irréel, car sans concours, pas de filière et pourtant la considération portée à l’égard des organisateurs n’est pas souvent à la hauteur de leur mérite.

Ce constat peut s’adresser à toutes les disciplines équestres mais mon propos en tant que Président de  l’Alliance of Endurance Organizers est de vous faire part de la réalité d’une discipline, l’endurance , peut être plus en difficulté que d’autres dans un avenir proche.

Notre activité tient à ce jour essentiellement par la volonté d’une seule Nation à faire exister notre discipline avec tous les avantages et inconvénients que l’on connaît.

Tous nos œufs sont dans le même panier, ne nous trompons pas, nous n’avons qu’un seul interlocuteur qui fait vivre notre discipline, que nous le voulions ou non .

Un risque énorme contre lequel nous n’avons collectivement jamais réussi à nous organiser pour nous préserver d’une chute vertigineuse ou d’un retour à la case départ .

Une épée de Damoclès au-dessus de notre tête depuis les années 2000.

  Ceci étant dit, revenons à l’importance des organisateurs dans l’existence même de cette discipline et la survie de ceux qui la pratique.

En France toutes les structures organisatrices sont essentiellement des associations et fonctionnent exclusivement par le bénévolat et quelques subsides publics.

Il n’y a pas comme dans d’autres disciplines équestres des structures professionnelles, encore moins de business plan ou d’investissements à long terme car nous n’avons aucune visibilité sur la solidité de notre sport, tant il dépend de peu de personnes en ce qui concerne surtout le haut niveau et les professionnels.

Les sponsors ne se comptent que sur un doigt de la main et les courses sponsorisées en France sur 3 doigts de l’autre main, et un peu plus en Europe. Quand la machine dit stop la filière s’enraye. Et le choses ne vont pas dans le bon sens si l’on regarde objectivement un futur proche.

  Ne parlons pas de gains car il n’en existe pas ou presque pas. Tout au plus les cavaliers sont t’ils les principaux sponsors des concours auxquels ils participent par leurs contributions via les engagements. Une situation improbable qui fragilise le système d’existence, et le futur des compétitions, qui fausse les objectifs d’organisation par des soucis de rentabilité via un cumul d’épreuves ou autres, au détriment de la recherche de la qualité et du progrès. Pour certains organisateurs c’est une question de survie . Ce n’est pas une critique mais un constat.

Un rayon de soleil dans le paysage. Certains acteurs et responsables  de la filière pensent  que l’évolution positive de l’endurance viendra d’une prise de conscience des organisateurs pour des objectifs sportifs plus innovants et respectueux de l’environnement et du bien-être des chevaux mais nous font remarquer aussi que nous sommes à ce jour les « Gardiens  du Temple » pour faire respecter les règlements en vigueur, (donc en partie responsable des dérives existantes ), ce qui nous confère la  lourde responsabilité de véhiculer aux yeux du sport en général  une bonne image.

Saura t’on en profiter pour réfléchir avec tous aux différentes voies qui nous sont proposées ?

« Une Endurance Autrement »

dont les thèmes seraient :

Crédibilité - Lisibilité - Egalité -Transparence

Que la filière remercie déjà tous les organisateurs qui se démènent pour exister par leurs propres moyens pour que ce sport existe, car s’il y a bien un point commun entre nous tous c’est la passion de l’effort aussi bien à cheval qu’à participer à une organisation.

Venons-en au fait : Pourquoi faut-il reconnaitre que l’organisateur est le maillon essentiel de l’existence et de la survie de la discipline pour ceux qui la pratiquent et qui en dépendent financièrement.

  A quoi sert une course d’endurance : Quels avantages pour les acteurs !

·        Donner une plus-value aux chevaux qui y participent (indispensable pour la commercialisation ou leur statut).

·        Pour les cavaliers, l’occasion d’exercer leur métier ainsi que d’obtenir des qualifications FFE et/ou FEI.

·        Pour les éleveurs une mise en lumière de leur production et un circuit commercial.

·        Un show-room pour les marchands qui se servent sur place (sans retour pour l’organisation).

·        Un plaisir tout simple pour certains propriétaires passionnés.

 

  Imaginez votre monde sans organisateurs !!! Non regardez plutôt ce qui se passe aujourd’hui à cause du virus Covid19 : plus aucune manifestation. Et si cela devait durer avec toutes les conséquences attenantes pour tous.

  Une   inquiétude légitime pour la continuité de notre sport, de votre gagne-pain ! 

Plus de courses. alors !

·        Que deviennent les chevaux : Pour le loisir ou la pâture !

·        Que devient le métier de « cavalier professionnel » : Vers une reconversion !

·        Le commerce et l’élevage : Pour qui et pour quels débouchés !

·        Les propriétaires continueront-ils à investir : Dans quel but !

Bien sûr tout ceci n’est que supposition. ( en souhaitant que l’actualité ne nous donne pas raison )

Tournez tout cela dans tous les sens vous retomberez toujours sur la même conclusion, cela ne tient que parce que les concours et les organisateurs existent ; il ne s’agit surtout pas de se croire au-dessus des autres mais simplement de se sentir reconnus voir « premier de cordée » et essentiels à l’activité sportive et commerciale   des chevaux, cavaliers, éleveurs, propriétaires et autres.

Pourquoi ce constat ?

Pour défendre nos organisations et remettre l’église au milieu du village.

Simplement pour que nous soyons au moins remerciés du travail que nous accomplissons et que cessent les critiques incessantes de tous ceux qui se servent de nous pour pratiquer leur profession, en vivre ou plus simplement exister.

Organisateur n’est pas une affaire de tout repos tant l’attente de chaque participant est différente sur le plan sportif, commercial, éthique, bien-être animal, environnemental et loisirs. Nous en sommes bien conscients, et c’est pour cela que nous faisons toujours le maximum pour réussir avec vous nos évènements.

Considérons ces propos comme le ressenti collectif d’une grande partie d’organisateurs envers une situation longtemps ignorée, plus ou moins inconsciemment par les acteurs de la filière mais, qui par les temps qui courent devrait nous faire réfléchir, tout au moins prendre conscience du rôle de chacun et bien considérer l’autre comme indispensable au bon équilibre de l’ensemble.

 

Respect à tous, et longue vie à l’Endurance.

 

PS : Bien sûr, il y a ceux qui nous diront à juste titre, que sans chevaux, sans cavaliers, sans éleveurs sans marchands, et sans propriétaires nous les organisateurs nous n’existerions pas : C’est tout à fait exact. Et alors nous les Présidents, mécènes, voir simples passionnés nous n’avons pas grand-chose à perdre si la chaine venait à s’interrompre, nous n’aurions pas de bilan à déposer, pas de problèmes de reconversion, car nous avons tous un métier en dehors et c’est seulement la passion qui nous lie à l’endurance . Nous passerons plus de temps avec notre famille et nos proches que nous délaissons souvent au détriment d’une reconnaissance sans cesse recherchée et rarement comblée dans nos organisations.

Puissent les acteurs de la filière s’en sortir aussi bien que nous, si nous devions tous changer nos habitudes, notre mode de vie ou nos priorités.

 

Nicolas Wahlen

 

 

 

 

 


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