Article proposé par Toto, paru le 09/11/2020 08:19:57
Rubrique : Reportages, lu 628 fois. 3 commentaires
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WATTIGNIES, le concours dans la ZUP


 

               Wattignies c'était le 3 septembre 1978 , je suis sûr de la date de l'évènement: mon Grand Livre est écrit à la main par ordre chronologique.   

          En complément de ce que j'ai déjà indiqué sur attelage.org, je peux citer ce qui suit:

          L'âme de ce concours était la famille LEGRAND: Monsieur LEGRAND (grand-père) menait un attelage; Monsieur LEGRAND (père) était organisateur; Monsieur LEGRAND (fils, 18 ans) menait un autre attelage. Toutes catégories confondues, il y avait environ 20 attelages, dont deux attelages à un poney venant de Nanteuil.

          Les juges étaient Jean DILLÉE et Stanislas BRÉVAL (ancien Président de la grande Ligue du Nord, équivalent de ce qui est devenu le CRE des Hauts-de-France, et ancien meneur à 4 Traits du Nord).

          Le dressage (avec présentation) avait lieu le matin, et s'est peut-être un peu prolongé l'après-midi: il y avait deux pelouses distinctes pour le dressage et la maniabilité.

          Le repas du midi était offert à tous les participants: buffet pantagruélique, nourriture et boissons (non alcoolisées) à volonté. Mais nous avons constaté que l'abreuvement des chevaux n'était pas prévu: j'ai fait du porte-à-porte avec mon seau dans un des immeubles, jusqu'à ce qu'un des habitants m'indique un robinet à la cave.

          Incident: Monsieur CHAMPION (organisateur du concours du Touquet) menait une paire de chevaux gris particulièrement chauds. Avant le dressage, il y avait une présentation à l'arrêt, pendant laquelle le groom, s'il existait, se mettait à la tête des chevaux. Celui de Monsieur CHAMPION dormait un peu, un des chevaux s'est gratté sur lui et s'est débridé. L'attelage a détalé.


          Au début, le public croyait que la traversée du terrain de dressage au galop était une des figures imposées. Quand les chevaux ont sauté les lisses, les assistants situés devant les chevaux se sont sauvés. Mais l'un d'eux a été rattrapé par une des barrières de ville écrasées par les chevaux, qui lui a arraché son pantalon: cela a été le seul dégât de l'épisode.


          J'étais non loin de là, avec un attelage à un, sans groom comme c'était la règle à l'époque. J'ai vu monsieur CHAMPION partir au petit galop entre les tours, seul dans sa voiture avec un cheval débridé. J'ai ramassé un piéton qui semblait connaître les chevaux et je l'ai suivi, au galop aussi car mon poney n'était pas ferré. Quelques centaines de mètres plus loin, grâce au cheval qu'il contrôlait, le meneur a réussi à diriger son attelage sur une très grosse haie, et les chevaux s'y sont arrêtés; mon passager a couru à leur tête, et tout s'est arrangé.

          L'évènement de Wattignies a été unique, en particulier la reconnaissance du marathon en autocar avec un micro (sur les rues tandis que le parcours était sur l'herbe juste à côté). On s'arrêtait à chaque square: il y avait un obstacle.Le marathon empruntait les pelouses séparant les immeubles Le marathon avait lieu l'après-midi, suivi de la maniabilité puis de la remise des prix attelée. Le Maire nous a promis un gué pour l'année suivante, mais je n'ai plus jamais entendu parler d'attelage à Wattignies. En plus des prix par catégorie, il y avait des prix spéciaux: Félix SAUVAGE (Président de la section Attelage de la Ligue du Nord) a reçu de prix du meilleur dressage toutes catégories. J'ai reçu celui de la meilleure maniabilité toutes catégories: c'était le prix La-Pie-qui-Chante, constitué de 9 énormes paquets de bonbons.

            A cette période, Félix SAUVAGE possédait deux chevaux: l'un, particulièrement calme, servait pour les défilés, activité fréquente dans le Nord; l'autre, qui ne tenait pas l'arrêt, servait pour les concours. Comme il n'y avait pas de défilé, il n'avait apporté que le second, et passait au trot devant la tribune ramasser ses prix.

            Tout cela s'est terminé un peu tard. Quand je suis rentré à Nanteuil, 200 km plus loin parcourus dans notre Estafette de l'époque, tout le monde dormait. A cette époque; la rentrée scolaire avait lieu vers le 15 Septembre et c'étaient encore les vacances. Le lundi matin, à mon lever, les élèves du poney-club étaient réunis en salivant autour de la cabine de l'estafette, dans laquelle on voyait les nombreux bonbons ...

          Emmanuel Vantroys

 


  Commentaires
-1978 par Zebulon (09/11/2020 12:55:51)
Extra, mais est ce imaginable 40 ans plus tard ?
-Concours au centre d'une grande ville par Toto (09/11/2020 19:51:57)
En 1984, une épreuve du concours de Thionville avait lieu sur une grande place au centre de la ville, sans aucune protection spéciale (depuis, la place en question a été bâtie).
Il y a eu le cas très particulier des 2 championnats de France au Bois de Boulogne (1987 et 1988), dont la phase de pas était au milieu du Boulevard extérieur.
Plus récemment, des concours ont été organisés en pleine ville à Évreux; là, la place avait été clôturée à grands frais, et la taille de l'espace clôturé était légèrement insuffisante. Le marathon partait de là pour se dérouler en forêt. Mais les organisateurs ont, depuis un certain temps déjà, émigré à l'hippodrome.
Il ne me vient à l'esprit aucun autre concours où un marathon ait été organisé entièrement sur de petits espaces verts entre les immeubles d'une grande ville.
Ce concours se déroulait sur la journée, sans nuitée et sans aucun abri pour les chevaux. Il est certain que, lors d'un un tel concours en milieu ouvert, de nombreux points seraient à la merci d'éventuels individus malfaisants.
-Toto un conteur ? par JeanClaudeGrognet (10/11/2020 09:06:46)
Cela rappellera à certains les Belles Histoires de l'oncle Paul, une BD dans le journal de Spirou !
Merci Emmanuel de nous rapporter ainsi les concours du temps passé.