Article proposé par JeanClaudeGrognet, paru le 12/02/2023 15:49:29
Rubrique : Organisation des Sports Equestres, lu 803 fois. Un commentaire
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L' ATTELAGE aujourd'hui


 

          

 

          Si pratiquer " l'Equitation" n'est plus tout à fait un luxe, posséder un cheval en est toujours un.    

          Une pension dans un centre équestre aujourd'hui, selon le niveau des prestations, coûte au propriétaire entre 500€ et 800€ par mois. Un budget  auquel il faut ajouter la maréchalerie, les frais vétérinaires, les frais de déplacements pour ceux qui pratiquent la compétition, et pour ces derniers,  un moyen de transport s'ajoute aux dépenses.

          Tout le monde sait cela.

          Première difficulté pour le développement de la discipline.

          L'attelage se distingue si l'on peut dire, par les faits qu'il se pratique quasi exclusivement par des ruraux ou semi ruraux, et que ces ruraux sont propriétaires de leurs chevaux, ces derniers étant logés, nourris, etc,  etc,  chez ces mêmes ruraux disposants donc d'infrastructures. Le propriétaire d'un attelage prend très rarement hébergement dans un centre équestre. C'est une situation originale en comparaison des autres disciplines. Il m'est indiqué que les meneurs propriétaires qui hébergent leur cheval dans un établissement équestre doivent représenter  moins  de 10% des meneurs. A vérifier. Le meneur/propriétaire est donc une personne "isolée" des autres passionnés, à l'inverse des cavaliers/propriétaires qui côtoient au quotidien les  passionnés de leur discipline dans les écuries du centre équestre. L'individualisme chez le meneur est de fait conforté.

          De ce que j'ai pu constater, et de ce que l'on m'en a raconté aussi, la présence des attelages n'est pas toujours souhaitée dans les centres équestres.  Les attelages sont plus ou moins tolérés par les cavaliers des disciplines olympiques. L’attelage dérange, l’attelage fait peur aux autres chevaux disent les cavaliers. Question d’habitude pourtant, on sait bien qu’au XIX ème siècle cavaliers et attelages se côtoyaient sans que l'on s'interroge. Mais c’est ainsi, on ne peut s’imposer à défaut de convaincre.

          Le renouvellement des générations. Deuxième difficulté pour le développement de la discipline.

          Les meneurs, les cadres qui ont fait la discipline durant ces quarante dernières années passent progressivement la main. Comme l’on dit aussi, c’est la fonte naturelle des effectifs. Pour les remplacer, peu de candidats. Les nouveaux meneurs sont souvent des jeunes, élevés dans des familles où l’on pratique l’attelage parce que c’est une histoire familiale qui se transmet. Pour un jeune venir à l’attelage plutôt que monter à cheval et prendre une dose d’adrénaline en sautant des obstacles, c’est un chemin inconnu et non balisé. Ajouter à cela que la pratique de l’attelage nécessite pour des raisons de sécurité de disposer à volonté d’un coéquipier… et puis il y a aussi tellement d'autres divertissements et d'autres sports à disposition!

          Le contenu des épreuves. Troisième difficulté pour le développement de la discipline.

          Pratiquer l’attelage, c’est aimer les sorties en forêt ou sur des chemins de plaine. L’activité dans le confinement d’une surface limitée, pour du dressage ou de la maniabilité c’est bien, mais l’on s’éloigne de la nature même  du plaisir originel. Il ne faut pas chercher bien loin les succès de l’attelage de loisir, du TREC ou de la randonnée par exemple.

          attelage.org vous a proposé de répondre à 3 sondages. Il y a trop peu de réponses, c'est sans doute regrettable, et cela témoigne peut être de "l'individualisme" de fait des acteurs de la discipline. Dans le dernier de ces sondages, une majorité des réponses pointe les nouvelles reprises de dressage pour le niveau Club et Amateur, reprises inadaptée au niveau technique des meneurs concernés, ainsi qu’aux chevaux que l’on trouve dans ces épreuves. Cette critique nous l'avions constatée dès l'introduction de ces reprises, une critique qui  circule régulièrement sur les réseaux sociaux. Si à peu près tous les chevaux peuvent aisément sauter un obstacle d’1 m ou 1,10m  et ainsi apporter du plaisir au cavalier, pas certain que le rassemblé demandé au cheval d’attelage soit dans les capacités d’un cheval destiné à un meneur amateur… déjà que le rassemblé n’est pas évident pour un cheval de Dressage…..   Faut il aussi rappeler que dans l’échelle de progression du dressage du cheval le rassemblé constitue la dernière étape de cette échelle de progression. Les auteurs de ces nouvelles reprises portent une responsabilité  évidente devant le peu d’intérêt que ces reprises soulèvent auprès des meneurs... sans compter les fautes et échecs dans la construction du cheval que cela engendre.

Revenir à des épreuves de terrain et sur le contenu des épreuves de dressage, et rendre ces dernières progressives et conforment à l’Echelle de progression du dressage du cheval  n’est-ce pas l’évidence ?

 

 

Echelle de progression du dressage (document IFCE/FFE)

          La compétition internationale

          L’observateur attentionné ne manque pas de faire les constats suivants :

          L’attelage à 4 chevaux a perdu de nombreux meneurs au cours de ces dernières années. Aujourd’hui peu de nations sont en mesure de pouvoir présenter un minimum de 3 attelages. Les 5 doigts d’une main suffisent pour compter ces nations.

          L’attelage en paire résiste mieux, mais les beaux jours sont passés, par exemple la Coupe Alpes et Danube n’intéresse plus grand monde.

          L’attelage solo se maintient bien, peut-être même est-il en développement ?

          La recherche du développement de la discipline passe souvent par " la simplification et la baisse des exigences ",  ainsi va l'attelage, mais tout cela ce n'est que mon avis!

          © JCG/attelage.org

  


  Commentaires
-Bien vu... par JUJU (12/02/2023 14:14:49)
J'ajouterai que, comme c'est en solo que c'est le plus difficile d'exceller ( parce que le cheval n'aime pas être seul, et parce les brancards le gênent ), mais aussi parce que c'est la version la moins onéreuse et la plus utilisée, en croisant les doigts, et en ne demandant pas aux chevaux de faire les pieds au mur... on peut encore espérer voir éclore quelques talents, quelques passionnés qui donneraient l'exemple et relanceraient la machine. Mais comme le dit si bien Jean-Claude, ce n'est que mon humble avis.